Avoir un enfant selon de nombreux écologistes est un geste égoïste et peu écologique. C’est  pourquoi de nombreuses personnes renoncent de nos jours à faire un enfant. En gros ils s’imposent de choisir entre faire un enfant et « sauver la planète ».

Pour mon mari et moi c’est plutôt l’inverse : il faut faire des enfants pour faire des écolos. Nous trouvons que c’est dommage que ce soient les humains qui pensent et agissent le mieux pour l’avenir de notre planète qui se privent de ce bonheur, alors qu’ils sont les plus aptes à passer le flambeau à la génération future.

jouets en bois usés Il est tout à fait possible de réduire l’impact environnemental de son enfant dès son arrivée sur Terre, grâce à des gestes simples :

  • Ne pas acheter de vêtements neufs qu’ils ne porteront que quelques mois de leur vie. Il existe de nombreux dépôts vente et brocantes pour trouver des vêtements de qualité et peu chers.
  • Recycler de la même manière les jouets, les livres etc.
  • Préférer les couches lavables aux couches jetables.
  • Allaiter ! Et c’est sur ce dernier point, essentiel selon moi, que je vais m’attarder dans cet article.

Pourquoi l’allaitement maternel est-il  devenu un choix ?

L’allaitement c’est d’abord choisir ce qu’il y a de mieux pour son enfant. Si le lait maternel existe c’est pour des raisons physiologiques, biologiques. Alors pourquoi autant de mères se détournent-elles de cette option ? Et surtout pourquoi est-ce devenu une option ?

Aujourd’hui en France, à moins de travailler dans un grand groupe international qui choisit d’octroyer à ses salariées un congé maternité post-natal plus conséquent, le congé maternité légal est seulement de 10 semaines après l’accouchement. Soit 2 mois et demi. Il est donc impossible pour les mères qui travaillent d’allaiter  jusqu’aux 6 mois minimum préconisés par l’OMS. 6 mois de développement de l’enfant très importants durant lesquels le lait maternel permet au bébé de développer son système immunitaire, son microbiote etc. Car tout le monde ne peut pas se permettre de prendre en plus un congé parental, rémunéré au maximum à hauteur de 392 € par la CAF.

Ces mères doivent donc se résoudre à tirer leur lait lorsque leurs lieux de travail le permettent ou à sevrer leurs bébés dès 2 mois pour passer au fameux biberon de lait en poudre. On peut déjà leur tirer notre chapeau pour avoir « fait le choix » d’allaiter ces 10 précieuses premières semaines.

Car oui, tout le monde ne fait pas « ce choix », pour diverses raisons (esthétiques, pratiques, psychologiques, etc.) que nous respecterons. D’après une sage-femme spécialisée en lactation de l’Hôpital Bagatelle à Bordeaux, en Gironde ce serait seulement 65 % de femmes qui choisissent l’allaitement maternel. Et la Gironde se place apparemment parmi les meilleurs taux en France. 65 % selon des statistiques prises dès la naissance des enfants, car il est impossible de donner un chiffre exact, mais beaucoup arrêtent l’allaitement dès les premières semaines par manque d’accompagnement. Et oui, l’allaitement peut-être douloureux les premiers jours,  mais les conseils avisés d’une sage-femme peuvent aider à passer ce cap plus facilement et à rendre ce geste biologique le plus naturel et confortable possible.

Aujourd’hui les femmes veulent avoir le choix. Le choix de ne pas avoir mal, le choix de pouvoir se déplacer sans contrainte, le choix de ne pas être « accrochées » ou « coincées » par leur bébé, le choix de pouvoir partager cette tâche avec leur conjoint. Aujourd’hui, dans le monde occidental on entend des mères dire sans honte « je ne souhaite pas allaiter car je ne suis pas une vache » ou « le papa doit aussi s’investir et ce n’est pas à moi de tout faire ».

Singe nourrissant son petit

C’est pourtant ainsi que la nature a fait les choses ! Chez tous les mammifères c’est la femelle qui nourrit son petit. Alors oui c’est sûr mesdames, vous n’êtes pas des vaches, elles n’ont pas le choix, elles ! Elles font ce que la nature les a programmées pour. L’allaitement c’est avant tout la manière naturelle de nourrir un petit d’Homme.

Amies de la planète, si vous hésitez encore à allaiter, prenez en compte ce simple nombre :

95 kg

C’est l’estimation basse des émissions de GES associées à 6 mois de préparation de lait maternisé,
soit l’équivalent des émissions de 50 000 voitures en un an.* 

Témoignage personnel sur l’allaitement

Après des premiers jours d’adaptation difficiles durant lesquels il a fallut apprendre les bonnes positions pour mette bébé au sein sans douleur, a suivi un premier mois difficile à cause d’une candidose mammaire dure à faire disparaître. Malgré la douleur, j’ai décidé de persévérer, par conviction. Tous les jours une petite voix en moi me disait d’arrêter car c’était trop douloureux. Je ne savais pas quand la candidose partirait. Dans 1 mois, 2 mois, 6 mois… ? Pour moi qui avais choisi d’allaiter à durée indéterminée (j’ai pris un congé parental de 6 mois pour m’occuper de mon fils puis ai décidé de démissionner le temps de trouver une activité qui me correspondait plus), ne pas savoir quand la douleur partirait ce fut difficile.

Mais la plus grosse voix en moi voulait absolument apporter les éléments essentiels à la croissance de mon bébé et suivre le schéma naturel de la maternité. Il était hors de question d’abandonner, pour lui d’abord, et pour la planète ensuite. Et puis en dehors de MA douleur, l’allaitement se passait tellement bien : la courbe de poids de bébé était exponentielle, pas de constipation, pas de régurgitation… Aucun des désagréments que peuvent souvent causer les laits en poudre, une fois que l’on a passé l’étape fastidieuse de trouver celui qui plait à bébé.

Dès 2 mois j’ai pu laisser mon fils avec Papa pendant 3 jours, le temps d’un week-end entre copines. Cela a demandé de l’organisation : commencer sa réserve de lait maternel au congélateur un mois en avance pour être sûre qu’il n’en manque pas, continuer de tirer son lait pendant son absence pour éviter l’engorgement et garder un rythme de production suffisant. Mais c’est possible et pas si contraignant.

Mon fils a 2 mois et demi maintenant. Si j’avais suivi le schéma social « normal », il serait chez une nounou dans une crèche depuis une semaine. Au lait en poudre. Avec un système immunitaire peu développé. Et comme la plupart des enfants de cet âge en collectivité, il aurait pu revenir à la maison ce week-end avec une bronchiolite ou autre maladie virale courante à cette époque de l’année chez les bébés.

J’ai finalement décidé de démissionner pour changer de voie professionnelle. J’ai le temps de m’occuper de mon fils et espère l’allaiter jusqu’à 1 an, voire plus si je n’ai pas repris d’activité professionnelle d’ici-là.

 

Source : Le Devoir
Photo de couverture par Eibner Saliba sur Unsplash

 

 

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